Le recrutement informatique durement touché par la crise
Une enquête du CNISF sur la situation des ingénieurs diplômés

Publié le mardi 13 juillet 2010

Les services informatiques constituaient en 2008 le premier secteur de recrutement des ingénieurs avec 11 500 embauches. Affichant une baisse de 63 % en 2009, ils apparaissent comme ceux qui ont été le plus durement touchés avec la fabrication de matériels de transport et aérospatial. Malgré cela, la crise en 2010 est perçue moins négativement que l’an dernier. Alors que 12 % des ingénieurs craignaient de perdre leur emploi en mars 2009, ils étaient 9 % un an plus tard. Ce sont là quelques enseignements de l’enquête 2010 sur la situation des ingénieurs diplômes français réalisée par le CNISF.

Les parcours des ingénieurs diplômés sont très variés : 84 % d’entre eux sont issus de la formation initiale (vs 90,1 % en 2008) et 52 % sont issus des classes préparatoires (vs. 53,4 % en 2008). L’apprentissage, introduit en 1989, connaît une forte progression : estimée à 1,7 % du total des diplômés en 2008, la part des expasse à 5,5 % du total des diplômés en 2009. Ces apprentis sont deux fois plus nombreux parmi les ingénieursde moins de 30 ans (12 %).

Comme en 2008, les disciplines regroupées dans le vaste ensemble des STIC - sciences et techniques de l’information et de la communication (Electronique, télécommunications ; Electrotechnique, automatique, électricité ; Informatique, génie logiciel, mathématiques appliquées) représentent 22,3 % du total des formations d’ingénieurs (vs. 23,5 % en 2008).





 


Les effets de la crise sur la population des ingénieurs

Globalement, chez les ingénieurs, la crise est perçue moins négativement que l’an dernier : alors qu’en mars 2009, un ingénieur sur dix (12 %) craignait de perdre son emploi, ils ne sont plus que 9 % en mars 2010, ce qui laisse présager une poursuite de la croissance du chômage des ingénieurs, mais à un rythme moins soutenu.
En 2009, 44 % des ingénieurs n’avaient pas ressenti, à titre personnel, d’impact de la crise. En mars 2010, ils étaient 59 %, auxquels s’ajoutent 5 % qui perçoivent des effets plutôt positifs à la crise. Cependant, les résultats de la crise sont indéniables : en 2009, le taux de chômage (à 3,4 % dans cette population fin décembre 2008) a augmenté de 2 points. Dans le même temps, les recrutements sont en net recul par rapport à l’année précédente (48 400 en 2009 versus 71 700 en 2008). Et le secteur des services informatiques est en première ligne avec une baisse de 63 % de recrutement d’ingénieurs en 2009.


On vérifie cette année encore que la crise touche les différents secteurs de façon inégale. Dans les secteurs qui fabriquent des produits informatiques, électroniques et optiques, dans les télécommunications et dans l’industrie pharmaceutique les ingénieurs se sentent presque deux fois plus exposés que la moyenne. Alors que l’an passé 56 % des ingénieurs avaient ressenti un impact de la crise sur leur vie professionnelle, ils ne sont plus que 46 % en 2010. Pour 41 % d’entre eux, l’impact a été plutôt négatif ; pour 5 %, plutôt positif.

Le cas particulier des demandeurs d’emploi

En 2010, la proportion des demandeurs d’emploi chez les ingénieurs a enregistré une forte croissance (+2 points) avec 5,4 % de demandeurs d’emploi en moyenne parmi les actifs, au lieu de 3,4 l’an passé, soit +58 %

L’augmentation du nombre des demandeurs d’emploi se fait particulièrement sentir chez les « moins de 30 ans »,qui rencontrent plus de difficultés pour accéder à leur premier emploi (9,7 % en 2009 vs. 4,9 en 2008) et chez les« 45-49 ans », où le taux passe de 2,8 à 5,2 %.


En 2009, le nombre d’ingénieurs demandeurs d’emploi a progressé chaque mois. Au 31 décembre 2009, 35 600 ingénieurs étaient sans activité professionnelle et en recherche d’emploi. 31 % d’entre eux (soit 11 000) étaient des jeunes diplômés à la recherche de leur premier emploi.

Parmi les 24 600 ingénieurs (69 %) en recherche d’un nouvel emploi, 18 000 environ avaient perdu ou quitté leur emploi en 2009 suite à un licenciement individuel pour motif économique (22 %), à la fin d’un CDD (22 %) ou encore un autre type de rupture de contrat (18 %). Les services informatiques et services d’information ont été les plus touchés (10,5 % soit 1 860 personnes), la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (8,4 %, 1 490 personnes) et la Métallurgie et fabrication de produits métalliques sauf machines et équipements (7,5 %, 1 330).

Les revenus des ingénieurs en 2009

En 2009, en France, le salaire médian des ingénieurs diplômés ayant le statut cadre était de 52 780 € et le salaire moyen de 63 014 €. De 1998 à 2009, la composition de la tranche des 1 % d’ingénieurs les mieux payés a évolué : la part des ingénieurs travaillant dans la finance a fortement augmenté de 1998 à 2007 pour diminuer en 2009, probablement suite à la crise que connaît ce secteur. L’industrie chimique et les SSII sont deux autres secteurs regroupant une proportion notable d’ingénieurs à très hauts salaires (respectivement 6,1 % et 7,9 % du total en 2009).

Si on remarque que, chez les hommes comme chez les femmes, les salaires progressent avec l’âge, et donc avec l’expérience, à âge égal, les salaires des hommes sont systématiquement supérieurs à ceux des femmes. Chez les débutants, l’écart des salaires entre hommes et femmes tend à se réduire. De 2007 à 2009, il est passé de 7,5 % à 2,6 %.




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