Vendredi 19 Mars 2010
Les 5 derniers articles
Les 5 derniers articles
Commentaires
Les 5 derniers commentaires
Où va IBM, entre clients, salariés et actionnaires ?
Par Guy Hervier

On se souvient du tollé qu’avait provoqué l’annonce de licenciements par la société Michelin, alors que l’entreprise venait tout juste d’enregistrer des bénéfices record. Tout comme le cas de l’usine de Renault-Vilvoorde qui avait marqué les esprits, surtout après la déclaration de Lionel Jospin, à l’époque Premier ministre qui avait indiqué en substance que l’Etat ne pouvait pas tout.

L’affaire IBM, qui intervient au moment du vote en France pour le traité constitutionnel de l’Europe, aura-t-il un rôle de symbole ? Peut-être, mais il faut se souvenir, si on l’avait oublié, qu’IBM est une société américaine dont les décisions sont prises à Armonk et pas à Paris, ni à Bonn, à Londres ou à Bruxelles. Toujours est-il que les syndicats ont décidé de mener des actions au niveau du vieux Continent.

L’information avait déjà filtré depuis plusieurs jours (voir ITRmanager du 3 mai 05 http://www.itrmanager.com/article.php?oid=39419) et Big Blue ne pouvait pas ne pas clarifier la situation. Le couperet est tombé : le numéro un mondial de l’informatique va supprimer entre 10 000 et 13 000 postes, principalement en Europe : sur la base de départs volontaires, de mise en préretraites ou de reclassements via la mobilité professionnelle ou géographique. Ces différentes voies ayant été épuisées, ce sera alors des licenciements. Avec à la clé un démantèlement du siège européen basé à Paris et une réduction du nombre de cadres intermédiaires. Cette réduction représente entre 10 et 13 % du nombre d’employés européens.

La stratégie consistant à « baisser le centre de gravité » (lowering the center of gravity) aura pour premier effet d’atteindre le moral des employés. Cette réduction drastique entraînera une provision comprise entre 1,3 et 1,7 million de dollars au second trimestre.

Plus de 8 milliards de bénéfice net en 2004

Sur un chiffre d’affaires de 96 milliards de dollars en 2004, IBM a réalisé un bénéfice net de 8,5 milliards. Un résultat que beaucoup d’entreprises envieraient. Au premier trimestre, IBM a déçu les analystes financiers et les actionnaires : un chiffre d’affaires de 22,9 milliards de dollars et un bénéfice net de 1,41 milliard, tous deux en hausse de seulement 3 %. IBM a décidé de distribuer un dividende trimestriel de 20 cents (de dollar) par action, soit 11 % de plus que le trimestre précédent. IBM précise que c’est la dixième année qu’il augmente les dividendes pour un accroissement global de 220 %. Pour soutenir le cours de l’action qui a « sombré » à 75 dollars, alors qu’il se situait au-delà des 90 dollars à la fin d’avril et qu’il avait culminé à 98 dollars en janvier, le conseil d’administration a donné son accord à la direction pour lancer un plan de rachat d’actions d’un montant de 5 milliards de dollars.

Vers les services à haute valeur ajoutée

Lancée par Lou Gertsner, accélérée par Sam Palmisano, la stratégie d’IBM est d’accélérer la marche vers les services. Aujourd’hui, la division IBM Global Services représente 50 % de l’activité. Si l’on enlève l’activité PC qui vient d’être transférée au Chinois Lenovo, il représentera 60 % environ. Et la fabrication de matériels moins de 20 %. L’analyse financière du premier trimestre montre que la rentabilité des services ne correspond certainement pas aux objectifs que s’est fixés IBM. La marge bénéficiaire brute de la division Global Services n’est que de 24,3 %, un taux inférieur à celui de la division matériels (27,5 %). La division logicielle, elle, culmine à 86,4 %.

Une analyse des résultats par pays révèle les mauvaises performances de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon avec un chiffre d’affaires en baisse de 5 %.

IBM a décidé d’abandonner le marché des PC au constructeur Lenovo, car les produits concernés sont devenus ce qu’il appelle des « commodities », c’est-à-dire des biens de consommation courante sans valeur ajoutée. Fabriquer des PC est donc une activité qu’elle laisse à d’autres. Mais la question à se poser n’est-elle pas la suivante : comment Dell arrive-t-il à gagner de l’argent en fabriquant des PC ? Car à plus ou moins long terme, les serveurs vont suivre la même évolution de "commoditisation" .

Les résultats des systèmes propriétaires ne sont pas fameux : - 16 % au premier trimestre pour les zSeries (les mainframes) avec une baisse de 11 % de Mips livrés et les iSeries (ex : AS/400), qui retrouvent une très faible croissance de 1 %. A l’inverse, les serveurs pSeries (Unix et Linux) et xSeries ont connu une croissance de respectivement 12 % et 8 %. Mais les eServer xSeries ne seront-ils pas, à terme, des produits à marge très réduite ? IBM abandonnera-t-il les serveurs, dernier contact avec la production de matériels ? IBM a en effet cédé son activité disques durs à Hitachi. Que penserait Thomas Watson s’il revenait ?

IBM devient IBS

En appliquant cette stratégie aux services, il est donc logique qu’IBM déserte les activités de services les moins rentables telles que la maintenance ou le support, et qu’il se concentre sur des services très rentables qui dégagent d’importants bénéfices. Les croissances par famille de services au premier semestre 2005 donnent une indication assez précise : Strategic Outsourcing (8%), Business Consulting (5 %), Integrated Tech Services (4%) et maintenance (2%). Cette évolution suppose donc de se séparer des personnes spécialisées dans les services qualifiés peu rentables et d’embaucher de nouveaux profils. Des profils qui pourront aider la Compagnie à développer de nouvelles activités telles que celle baptisée « Business Performance Transformation Services » qui est passée de 600 millions de dollars de chiffre d’affaires au premier trimestre 2004 à 900 millions pour la même période en 2005.

Sam Palmasino avait lancé une grande consultation interne auprès de 320 000 employés de la Compagnie baptisée « value jam » via l’intranet maison. Cela afin de redéfinir les valeurs de l’entreprise. Résultat, trois valeurs fondamentales qui doivent sous-tendre toutes les actions engagées :
- Un engagement à la réussite du client ;
- Des innovations qui comptent pour notre entreprise et pour le monde ;
- Confiance et responsabilité dans toutes nos relations.


A la lumière des récentes décisions, ces valeurs ne devraient-elles pas être quelque peu amendées ? Servir le client, certes, mais seulement pour des activités hautement rentables. Des innovations qui comptent pour l’entreprise, mais aussi (et surtout ?)pour les actionnaires.

En 1924, IBM avait abandonné son nom de l’époque CTR (Computing Tabulating Recording) pour celui d’International Business Machines Corp. Quelque 80 ans plus tard, ne devrait-il pas adopter celui d’IBS pour International Business Services ?

Publié le dimanche 8 mai 2005
Imprimer l'article
ITRtv

Interview : Ping-Ki Houang, PIXmania
envoyé par ITRnews.
Les 10 derniers articles mis en ligne
On en a parlé
3G 5 pouces API CAR Fujitsu GN HP IDE IE IMedia INES INFOR LG PC Palm RIM SAN SUN TEL TEN To VoIP acer acti alcatel application asus avenir blackberry bold but ca casio ces cha ciel contact dell developpement ds dvd ea fnac gps grossiste hspa ibm ign informatique intel internet isa jeux logiciel logiciels mai media medpi microsoft mobile nec nvidia oce oracle orange pac photo plat poi port prix protection quest ratio reseau sage samsung sfr son sony technologie the tic toshiba télé vea video web wifi xp