Samedi 20 Mars 2010
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Sun-Microsoft, pour le pire et pour le meilleur

Après avoir enterré la hache de guerre et soldé les comptes – une opération qui a coûté quelque 2 milliards de dollars à Microsoft – les deux frères ennemis parlent désormais de coopération. Par ailleurs, Sun a lancé une initiative auprès de l’association Open Source Initiative (OSI) en définissant la nouvelle licence CDDL (Common Development and Distribution Licence) qui pourrait servir de support pour Solaris.

8 mois après la signature de leur accord de partenariat décennal, Sun et Microsoft font un premier point de l’avancement de leurs travaux. Les deux acteurs indiquent avoir travaillé sur les services Web, les solutions de stockage et le support de Windows en environnement Sun. Ils ont par ailleurs mis en place, à Redmond au siège de Microsoft, un centre de compétences pour tester les applications sur des matériels Sun.

Rapprocher les univers .Net et Java

Un premier domaine de collaboration concerne un plan à dix ans pour que Windows .Net et l’environnement Java « fonctionnent bien ensemble ». Une des premières déclinaisons concerne les services Web, un domaine sur lequel les deux partenaires entendent être en première ligne et qui devraient faciliter l’interopérabilité entre des produits à venir. Sun et Microsoft indiquent avoir été co-auteurs de quatre spécifications : WS-Adressing (qui a été soumis au W3C), WS-Eventing, WS-MetadataExchange et WS-Management. Jusqu’ici, Sun et Microsoft avaient eu des vues divergentes sur les standards. Dans le domaine de l’identification des identités, Sun avait notamment fondé la Liberty Alliance en 2001 à la demande de la société Visa International alors que Microsoft avait travaillé à des spécifications baptisées WS-Federation.

Concernant Windows, Sun perçoit Microsoft comme un partenaire clé dans le domaine des architectures 64 bits. Les stations de travail et serveurs basés sur les microprocesseurs Opteron d’AMD sont désormais certifiés « designed for Windows » par Microsoft et les stations de travail Sun pourront bénéficier des protections antivirus de Windows XP2.

Côté stockage, les deux entreprises supportent les environnements Virtual Disk Service (VDS) et Volume Copy Shadow Service de Microsoft (VSS) sur les systèmes de stockage StorEdge 6920 de Sun. Ce dernier matériel a par ailleurs été certifié « Designed for Windows » et devrait bénéficier de développements afin de simplifier la planification du stockage pour SQL Server et Exchange.

Mettre en place une véritable interopérabilité

Concernant l’interopérabilité, Sun a achevé la certification d’un certain nombre de produits (Java System Directory Server, System Access Manager et System Identity Manager) sur Windows Server. Sun travaille aussi à valider les fonctionnalités d’Access Manager et d’Identity Manager dans des scénarios utilisant Directory de Microsoft comme annuaire pour gérer les droits d’accès. Des travaux ont également été réalisés pour garantir que Windows XP SP2 est interopérable avec la dernière version de la machine virtuelle JRE (Java Runtime Environment) et la suite bureautique StarOffice.

Le cabinet Robert Frances Group indique la dernière chose que souhaitent les clients de Sun : « voir leur fournisseur être relégué au plan de fournisseur de matériel ou de logiciel pour environnement Microsoft. Si cette coopération doit se poursuivre, Microsoft et Sun doivent augmenter l’allure de manière très importante. Les clients de Sun souhaitent bénéficier d’un haut niveau d’interopérabilité entre Office de Microsoft et StarOffice ou l’environnement du poste de travail Java Desktop System et de réelles possibilités de Single Sign On dans des environnements qui associent les annuaires des deux fournisseurs. Seules de telles réalisations ont un véritable intérêt pour les utilisateurs », estime Robert Francis Group.

Open Source ou pas Open Source ?

Sun compte beaucoup sur la version 10 de Solaris pour développer une véritable communauté de développeurs pour résister à la vague Linux. Il est prévu qu’elle en licencie l'exploitation en mode Open Source. Mais selon quel type de licence ? Le constructeur a soumis les spécifications du CDDL (Common Development and Distribution Licence) à l’association Open Source Initiative. Il existe déjà des dizaines de types de licences Open Source, mais selon Sun, aucune de correspondait à ses besoins.

Le mode CDDL permet au développeur d’accéder au code source, de le changer et de le distribuer. Il semblerait que CDDL soit basé sur MPL (Mozilla Public Licence). Parmi les limitations associées, le CDDL n’est pas compatible avec le GPL (General Public Licence, celui est le plus répandu), c’est-à-dire qu’il ne serait pas possible d’associer du code CDDL et GPL dans un même programme.

L’autre problème qui se profile au-delà de la création de ces nouvelles spécifications concerne la prolifération des différentes modes de licence Open Source. A terme, le suivi des licences va devenir un véritable casse-tête.

Publié le lundi 6 décembre 2004
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Interview : Ping-Ki Houang, PIXmania
envoyé par ITRnews.
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