Brothers in Arms : Road to Hill 30 débarque sur PC et consoles

Publié le vendredi 15 avril 2005

Dans Brothers in Arms, vous incarnez le sergent Baker largué en Normandie avec ses hommes de la 101ème division aéroportée de l’armée américaine le 6 juin 1944. Pour la première fois dans un jeu d’action, vous ne devrez pas seulement vous battre personnellement mais également diriger deux groupes de combattants dans des batailles historiques. Pendant les huit jours à venir, il vous faudra parfois choisir entre le succès crucial de votre mission et la vie de vos hommes… de vos frères d’armes. Suite au test, ceux que cela intéresse trouveront trois petits dossiers historiques en relation avec le jeu. Histoire se mettre dans le bain…

Editeur : Ubisoft
Plateforme : PC, Xbox, PS2
Nombre de joueurs : 1 à 4
8/10

Frères d’armes : pour le meilleur et pour le pire…



Moins connu que le 506ème régiment parachutiste mis en scène par Stephen Ambrose et Stephen Spielberg dans la série Band of Brothers, le 502ème est cependant célèbre dans l’armée américaine pour avoir reçu les deux seules Médailles d’Honneur du Congrès que la 101ème division aéroportée gagnera pendant la seconde guerre mondiale. Comme l’a dit le General William C. Lee lors de la cérémonie de création de l'unité «la 101ème n'a pas d'histoire, mais elle a rendez-vous avec le destin». Lorsqu’il débarque en Normandie, le 502ème Régiment d’Infanterie Parachutiste est composé d’hommes qui n’ont jamais pris part à un combat réel et contrairement à certains de leurs collègues de la 82ème division aéroportée qui ont reçu leur baptême du feu en Italie, ce sont des bleus face à des soldats allemands dont certains se battent depuis près de cinq ans… Ceci est très bien illustré dans le jeu, chaque chapitre étant introduit par les états d’âme du sergent Baker que le joueur incarne et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il se pose des questions existentielles... Sur le terrain, c’est en progressant dans le jeu que l’on apprend à se servir des armes, à placer les explosifs et à utiliser l’interface qui permet d’afficher une vue d’ensemble du champ de bataille afin de situer les différents protagonistes. Le jeu étant basé sur le concept de l’utilisation d’une équipe d’assaut conjointement avec une équipe de couverture, cette vue permet d’examiner la situation en temps réel avant de donner ses ordres à chaque groupe.

On ne gagne pas une guerre tout seul !



Car c’est bien la principale innovation de Brothers in Arms que de permettre au joueur de contrôler deux équipes en plus de lui-même. Un rond rouge au dessus de chaque ennemi indique son niveau de résistance, lorsqu’il vire au gris c’est qu’il est accroché par le tir de suppression de l’équipe de soutien et l’équipe d’assaut peut alors bouger. Le plus logique est d’envoyer cette équipe d’attaque prendre l’ennemi à revers ou de le contourner. Vous venez de découvrir la prise de flanc ! Le déplacement des unités se fait très simplement. Il suffit de positionner le cercle bleu sur l’endroit choisi sur le terrain et de valider en un clic (ou en une pression sur un bouton) pour que l’équipe sélectionnée se rende à l’endroit désigné. Ensuite, son comportement s’adaptera à la situation en attendant que vous donniez de nouveaux ordres. Chaque groupe peut ainsi être placé en couverture, envoyé à l’assaut ou rester avec le joueur et l’accompagner lors de ses déplacements. Parfois un peu trop scripté, le système de jeu de Brothers est néanmoins très prenant pour les amateurs des tactiques d’infanterie. Et si vous êtes sages, on vous donnera même un char à diriger. Chaque mission réussie permet de débloquer un bonus qui peut être un topo sur le soldat allemand par le colonel Antal, conseiller militaire du jeu, ou des photos de l’équipe de développement sur les lieux mêmes de la mission que l’on vient d’effectuer. Et il faudra jouer les 18 missions à tous les niveaux de difficulté pour voir tous les bonus.

Le FPS le plus historique sur le débarquement





Toutes les missions de Brothers in Arms sont inspirées des combats réels que le 502ème régiment parachutiste de la 101ème division a mené. Le 3ème bataillon du 502ème qui est plus spécialement illustré dans le jeu s’est particulièrement distingué lors de la bataille de Carentan et on retrouve ces missions reproduites très fidèlement dans le jeu. On croise ainsi à J + 5 dans Brothers in Arms de vrais héros comme le lieutenant colonel Robert Cole qui gagnera une médaille d’honneur pour avoir conduit une charge à la baïonnette le 11 juin 1944. De même lors de l’assaut sur les baraquements allemands, nom de code WXYZ, le héros du jeu est là pour seconder le vrai héros de l’histoire, le sergent Summers qui s’attaqua quasiment seul à un ensemble de bâtiments remplis d’allemands. Le terrain a été très fidèlement reconstitué, ainsi que l’équipement, les véhicules et même les tactiques des deux camps. Les développeurs de Gearbox ont travaillés sur des cartes authentiques et sont même venus en France pour prendre toutes les photos nécessaires à l’élaboration du jeu. C’est en superposant une photo d’époque et une capture du jeu que l’on se rend compte du travail accompli. Grâce à son concept d’équipes, Brothers propose enfin du nouveau dans un FPS.





Les compagnons de jeu



Baker – Personnage central du jeu, le sergent Baker est le fils d’un officier qui l’a entraîné aux quatre coins du monde dans son enfance. Nommé sergent et chef de peloton malgré lui a l’issue son entraînement parachutiste, Baker a appris en mai 1944 la disparition de son père en Italie. Maintenant, encore sous le choc, c’est à son tour de conduire des hommes au combat…



Leggett – Surnommé Legs par ses copains, le première classe Benjamin Leggett a grandi a New York. Pendant qu’il préparait son diplôme de fin d’étude, il a travaillé au NY Times, ce qui lui a donné une expérience professionnelle avant de s’engager dans l’armée. Son caractère idéaliste, cynique et sceptique lui confère une personnalité… personnelle. Son ambition est d’écrire un grand roman sur la guerre.



Mac- Ami du père de Baker, le Platoon sergent Greg ‘Mac’ Hassay est l’archétype du guerrier plus que du militaire. Sa devise : « Un parachutiste trouve toujours sa voie ou il la crée lui-même ». Expert en armement, entraîneur d’homme, Mac sait que Baker peut devenir un excellent leader et il est bien décidé à tout faire pour l’aider !

Le 502ème bataillon et le Jour J



Privé de leur chef, le colonel Van Horn Moseley, qui s’est cassé la jambe en arrivant sur le sol français, le « Five-O-Deuce » ( ou Widowmakers, les faiseur de veuves…) a été une des unités les plus performantes lors de la bataille de Normandie. Malgré la dispersion du régiment lors de son atterrissage, tous les objectifs ont été remplis avant même la fin du Jour-J. L’héroïsme du sergent Summers avait permis de prendre les baraquements désignés sous le code WXYZ. La colline fortifiée de Foucarville, les batteries d’artillerie de St Martin-de-Varreville ainsi que les débouchés 3 et 4 de Utah Beach étaient sécurisés et les fantassins de la 4ème division d’infanterie pouvaient avancer vers Cherbourg comme vers Sainte-Mère-Eglise. Il faudra attendre J+4 pour que les divisions récupèrent l'ensemble de leurs troupes. Le soir du 6 juin, à peine 25 pour cent du personnel se trouve sur les points à tenir et les pertes, de l’ordre de 10%, sont beaucoup moins lourdes que prévues. Mais tout reste à faire. Les durs combats qui conduiront à la prise de Carentan et de la bientôt célèbre colline 30 vont commencer pour les parachutistes du 502ème. Ils s’y illustreront avec brio. Ferez-vous aussi bien dans le jeu ?

Un peu d’histoire…



A l’aube du 6 juin 1944, alors qu’il cherche à rejoindre des soldats de sa compagnie, Dan Mc Bride de la compagnie F du 502ème est pris pour cible par un tireur allemand. Se déplaçant avec précaution, il s’aperçoit que son opposant continue à tirer dans la direction ou il se trouvait au début de l’action. Après l’avoir contourné, il l’abat presque à bout portant avec sa carabine M-1 puis s’approche et découvre à côté du cadavre une arme étrange. Il la décrira plus tard comme un «fusil futuriste avec un chargeur courbé». Mc Bride, comme des tas d’autres parachutistes ce jour-là, vient de découvrir le premier fusil automatique de l’histoire, le Sturmgewehr 44, capable de tirer en rafale ou au coup par coup avec un chargeur de 30 balles et une cadence de 500 coups/minute. Baptisé fusil d’assaut par les allemands pour d’évidentes raisons de propagande, il donnera naissance à une nouvelle catégorie d’arme et sera ensuite copié par les russes avec le AK47, la célèbre Kalachnikov. Mc Bride conservera l’arme jusqu’au soir ou, à cours de munition, il l’abandonnera avec regret dans un fossé et il survivra à la guerre. Pour les américains, le fusil d’assaut allemand deviendra vite le «Buck Rogers gun» en relation avec la bande dessinée de science fiction en vogue à l’époque.



Le Dakota, bonne à tout faire…



Veille du D-Day, il est un peu plus de 22h15 en Angleterre lorsque 822 Douglas C47 décollent, emportant chacun un stick de 18 parachutistes. Les 13 000 hommes des 82ème et 101ème divisions aéroportées ont rendez-vous avec l’histoire… Le Douglas C-47 est la version militaire du DC-3. Connu par les troupes sous son nom de code de Dakota, il a été qualifié par le général Eisenhower «d’un des plus importants instruments de la victoire sur l’Allemagne nazi» dans ses mémoires. Capable d’emporter 28 parachutistes et leur armement, mais aussi de remorquer des planeurs et de transporter du ravitaillement à l’avant du front, il a été construit à plus de 10 000 exemplaires pendant la guerre. Sur les 432 qui transportèrent la 101ème division le jour J, 38 s’écrasèrent après avoir été touché par la DCA, heureusement, dans la plupart des cas les paras avaient eu le temps de sauter. Si les allemands n’ont jamais eu d’appareil équivalent, il n’en est pas de même des japonais qui disposaient du L2D3, copie conforme du DC-3 dont la licence avait été achetée à Douglas en 1938…

Laurent Guerder






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