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Pierre Ardichvili, Cisco France
L’administrateur réseau peut proposer des services IP à un groupe d'utilisateurs
Au-delà de la simple communication sous IP, outre la voix on évoque également la vidéo, la vidéoconférence et d’autres technologies : où en est-on ? Est-ce déjà une réalité ? Pierre Ardichvili : Oui, c’est déjà la réalité, mais nous allons plus loin avec ce que l’on nomme le travail collaboratif. Cela englobe la vidéo, mais on peut aussi transformer un pont audio existant en lui adjoignant la vidéo. On va donc disposer en plus de l’audio, de la vidéo, de la vidéoconférence partagée sur écran ainsi que celle des documents. Un autre élément qui, par exemple, chez nous s’appelle « video telephony advantage », rend la vidéo aussi simple qu’un appel téléphonique classique. Un gestionnaire d’appel qui comprend aussi la vidéo doit être capable de monter une session vidéo naturellement entre deux terminaux disposant de circuits adaptés. Autrement dit, vous êtes avec votre PC, vous avez votre téléphone à côté et vous appelez quelqu’un. L’appel est naturellement transmis et si le manager détecte que le correspondant possède une caméra sur son PC, il va automatiquement établir une connexion vidéo en plus. N’êtes-vous pas, dans ce cas, en compétition avec des systèmes de communication instantanée par Internet comme MSN Messenger, Yahoo Messenger, Skype, etc. ? P. A. : Non, car nous sommes ici dans une infrastructure d’entreprise, avec un réseau pouvant être de très grande taille. Je pense ici à des sociétés internationales avec succursales. Bien entendu, lorsque l’on évoque la convergence, il est nécessaire d’avoir « en-dessous », un réseau intelligent capable de supporter toutes ces technologies. Il lui faut de la QoS (ndlr : Quality of Service) pour qu’il soit capable de transporter toutes ces données. Il est donc primordial de bien veiller à la qualité du transport des différents flux. Cependant, pour faire passer une vidéo acceptable, 128 K suffisent pour le moment. Est-ce que la vidéo apporte véritablement quelque chose ? P. A. : Oui, beaucoup plus qu’on pourrait le croire a priori, car lorsqu’on a quelqu’un en face de soi, la communication, le dialogue, la concentration n’est pas la même. On écoute mieux son interlocuteur, il vous « surveille » ! Si je suis une entreprise avec à un standard téléphonique classique, voire un standard dur IP, qu’est-ce que l’on peut alors me proposer pour faire évoluer les communications internes de l’entreprise ? P. A. : Si l’entreprise est un tant soit peu développée, elle est probablement équipée d’un routeur capable de faire du VPN, de la sécurité et certaines autres fonctions. On pourrait très bien le transformer en commutateur téléphonique IP. Ce qui est intéressant dans ce cas, c’est qu’il existe déjà une passerelle qui est capable de véhiculer un certain nombre de fonctionnalités. On va lui adjoindre du logiciel afin de la rendre plus intelligente. Venir, par exemple, à ce que l’on appelle « Call Manager Express » : en somme un gestionnaire d’appels IP qui va assurer d’autres fonctions, comme le pré-décroché avec un petit système de réponse automatique. Par exemple, lorsque l’on fait le 1, on dirige la personne sur une messagerie, le 2 sur un autre service etc. On va également pouvoir lui adjoindre de la messagerie vocale, qu’elle soit personnelle ou pour un groupe utilisateur complet comme un service commercial. La messagerie vocale est-elle en expansion ? P. A. : Non, de plus tout le monde n’est pas équipé et l’on s’aperçoit que dans les entreprises qui se sont déjà dotées des systèmes évolués que nous venons d’évoquer, la plupart des gens abandonnent progressivement la messagerie vocale traditionnelle, pour utiliser toutes les fonctions de messagerie IP. On pourrait très bien envisager également d’avoir un « attachement » vidéo. L’intérêt aussi, c’est de pouvoir faire converger les messages. Je vais pouvoir les recevoir aussi sur la messagerie Outlook. Je vais donc cliquer sur les messages pour les écouter et les classer de façon bien plus efficace que je ne le ferai avec une messagerie vocale classique. On peut donc les transmettre, les archiver, etc. Quand on leur amène de la messagerie évoluée, très vite, les utilisateurs glissent vers la messagerie unifiée par le PC. Outre les grands comptes, que représente, en France, le marché des PME-PMI ? P. A. : Le marché de la PME et de la PMI est très important car, en France, la moitié des installations est à moins de cent lignes. On ne peut donc pas laisser de côté 50 % du marché. De plus, nous obtenons un taux d’adoption important dès que l’on présente les avantages de la sécurité, le Wireless, la téléphonie IP, etc. Cette adoption est plus élevée que dans les grands comptes. Le taux de réactivité est bien meilleur dans les PME-PMI, probablement parce que les cycles de décision sont beaucoup plus rapides. En revanche, lorsqu’un grand compte prend enfin une décision, il bascule massivement, par exemple, nous déployons pratiquement d’un seul coup près de100 000 téléphones chez Bank of America. Pourquoi remplace-t-on son PBX ? P. A. : Il y a plusieurs raisons à cela. Les utilisateurs peuvent être en fin de leasing, donc ils passent à la génération suivante de communication. Ils peuvent vouloir également de la messagerie vocale. Il faut savoir qu’en PBX les applications sont très liées à la « boîte ». En téléphonie sur IP, le client bénéficie d’emblée d’une gestion d’appel centralisée et grâce au réseau, il étend automatiquement les applications qu’il souhaite apporter aux utilisateurs. Il s’agit purement et simplement d’une gestion informatique, on intègre les télécoms dans le système d’information. Pour l’administrateur, c’est assez simple, il peut décider pour un groupe particulier d’offrir certains services IP dont la voix. Un autre facteur déclenchant dans les PME-PMI est le déménagement. On dispose d’un nouveau bâtiment et, pour l’occasion, les problèmes techniques sont posés et résolus. Il faut savoir qu’un système Full IP bien managé apporte également une meilleure optimisation des coûts, ainsi qu’un meilleur service au client. Lorsque l’on a une fonction de centre d’appel, on peut avoir des personnels répartis sur l’ensemble du territoire qui vont pouvoir répondre immédiatement à une question de façon transparente, quant au lieu géographique de l’intervenant. C’est ce qu’on appelle la virtualisation des appels. Quel est l’investissement qu’il faut consentir pour commencer sur IP avec quelques services ? P. A. : Chez Cisco, en entrée de gamme, il faudra débourser environ 700 euros pour 24 utilisateurs. Il s’agit du coût de la licence Call Manager. Il faut également y ajouter le prix des téléphones (environ 120 euros en entrée de gamme). On va ajouter environ 35 euros de licence d’utilisation par personne, plus par exemple une messagerie qui revient à peu près à 1 800 euros pour 24 utilisateurs. Source: ITRgames.com
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Publié le 13 avril 2005
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L’INFORMATICIEN n° 022
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