|
Silent Hunter III : que d'eau !
Les fans de Das Boote et de Torpilles sous l’Atlantique vont se régaler avec cette simulation qui met en scène les sous-marins allemands dans l’Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale. Les navires, le réalisme des mouvements de la mer et l’influence du climat sont autant d’éléments qui n’ont jamais été aussi bien rendus. La gestion de l’équipage oblige à tenir compte de la fatigue des marins et apporte un côté humain, bien qu’un peu lassant, au jeu. Ce sont d’ailleurs les seuls humains que l’on voit dans le jeu, les équipages des bateaux coulés étant inexistants. De quoi oublier que l’on joue les méchants… Silent Hunter III est une incontestable réussite qui garantit de nombreuses heures de jeu aux fans du genre !
Editeur : Ubisoft
Plateforme : PC
Nombre de joueurs : 8
8/10

Spécial « T’as connu la fin des dinosaures ? »
La simulation sous-marine a toujours eu une place à part dans mon cœur de joueur. Elle permet de ressentir des sensations aussi fortes quand on est chasseur que lorsque l’on est chassé ! Fabrique-t-on plus d’adrénaline lorsque l’on se faufile à travers l’écran protecteur des destroyers et que l’on voit le porte-avions se rapprocher ou lorsque l’on fuit après lui avoir envoyé ses torpilles, pourchassé par l’escorte qui ne rêve que de faire payer le prix fort à l’intrus pour son audace ? Heureusement, entre les deux, il y a les longues heures de navigation virtuelle qui permettent d’admirer les océans et de récupérer un peu. Laissez-moi me ressouvenir avec émotion des parties de Silent Service sur C64 pendant lesquelles Stéphane Kauffmann (aujourd’hui grand ponte de Tom’s) était devenu expert pour déterminer la distance d’un bâtiment à couler en mesurant deux points sur mon écran télé. Nous étions jeunes et fougueux… Silent Hunter III n’a pas grand-chose à voir avec ses homonymes. Le premier volet permettait au joueur de contrôler des sous-marins américains et il présentait quelques missions originales, comme celle qui consistait à aller repêcher les pilotes américains abattus dans le Pacifique. Silent Hunter II était déjà dédié aux « Loups gris », les sous-mariniers allemands dont Churchill a dit qu’ils avaient été sa seule réelle peur pendant la guerre, mais la similitude avec cette nouvelle version s’arrête là. Silent hunter III est le fruit du travail des studios UBI de Roumanie et c’est un jeu entièrement nouveau.

C’est l’histoire d’un type…
Côté sous-marins, nos amis roumains ont donné dans l’historique pur. Pas de prototype à « balles deux » pour faire genre (ça c’est pour que mon petit neveu ne se sente pas totalement exclu de cet article…). Les submersibles présents dans le jeu sont les différentes versions des types II, VII, IX et XXI. En bref, le Type VII a été le sous-marin le plus construit de la guerre, le type IX dispose d’une meilleure autonomie et le type XXI permet de rester plus longtemps en profondeur et de recharger plus vite. L’Allemand étant logique, on commence sa carrière en 1939 sur un type II, petit mais maniable, bien qu’il soit possible de commencer plus tard et avec un autre modèle si on le souhaite. Dès 1940, grâce au génie de nos chefs militaires qui pensaient refaire la guerre de 14-18, les Allemands disposent des bases de Brest (7 mètres de béton !), Lorient, Bordeaux et St-Nazaire où une sympathique foule de marins et d’infirmières accompagne le départ des sous-marins au rythme de la musique militaire allemande. On peut les voir s’agiter grâce à la jumelle de bord et l’animation est très bien réalisée… A cette époque, il n’est pas trop difficile de couler des bateaux marchands sans escortes, et même quelques destroyers, puis de rentrer récupérer sa croix de fer avant de repartir pour une autre mission. Si vous avez reçu suffisamment de points de prestige, vous pourrez bénéficier d’un nouvel armement et de décorations à attribuer à l’équipage qui s’aguerrit au fil des croisières. Profitez de ces premières missions car ensuite, ça se gâte ! Néanmoins, on survit plus longtemps ici que dans Silent Hunter II ou même dans Aces of the Deep que notre Patrick de la rédaction aurait bien voulu connaître. Mais il venait de naître…

Quand est-ce qu’on joue ?
Bon, le décor est planté, parlons un peu boutique. Première constatation évidente, Silent Hunter troisième du nom est le plus beau jeu de sous-marins sorti à ce jour (en même temps, c’est le dernier…). Le rendu de la mer est à vomir et les tous les objets sont remarquablement détaillés. Pour la première fois, on peut jouer en mode 100% réaliste et reconnaître sans trop d’effort les bateaux dans la lunette du périscope. Seconde constatation, cette débauche de textures cache un jeu qui risque de décevoir ceux qui ne sont pas mordus par les sous-marins ou les jeux guerriers en général, car il faut passer pas mal de temps à gérer tout son petit monde et l’excitation n’est présente qu’avec un réalisme élevé. En surface comme en plongée, il faut constamment assigner des marins aux moteurs diesels ou électriques, pour recharger les torpilles ou pour résorber les avaries. Arriver en vue de la flotte ennemie avec un équipage fatigué n’est pas une garantie de succès… En revanche, en forme, il vous aidera à calculer la trajectoire de vos torpilles, vous donnera la profondeur sous la quille, vous indiquera le niveau de Co2 dans l’habitacle et même les menaces navales ou aériennes. On peut alors choisir de tirer manuellement sur les cibles. Pour vous défouler le canon de 88 ou l’anti-aérien, il n’y a pas mieux mais ce n’est pas un jeu d’arcade tout de même… Plus de la moitié des U-boote ont été coulés par des avions, et c’est bien représenté dans le jeu avec des alertes fréquentes.

Ma petite entreprise (musique)
Hormis l’aspect gestion du personnel qui m’a un peu lassé à la longue, j’ai retrouvé ici toute l’excitation d’un bon jeu du genre. Le naturalisme de la mer y est vraiment pour beaucoup, car c’est un plaisir immense que d’essayer d’identifier un bateau quand le périscope est recouvert d’écume au gré des vagues (quand je vous dis que c’est plutôt pour les amateurs du genre…). Continuer une carrière au gré des missions permet d’avoir un meilleur bateau et un équipage aguerri. Arrivé dans le secteur de chasse, le navigateur peut entamer un circuit de recherche automatique qui est interrompu au premier bateau aperçu. Puis la chasse commence. Doubler la cible, se positionner à la profondeur périscopique, regarder le chronomètre après le lancer de la torpille et monter l’achever au canon est un plaisir sans cesse renouvelé. Enfin, jusqu’à ce qu’un bateau de guerre s’intéresse un peu trop à vous… Lors des combats, une petite fenêtre permet de suivre la progression de la torpille. Ceux qui le préfèrent disposent même d’une vue libre plein écran qui leur permettra de suivre tout l’engagement et ça, c’est vraiment magique ! Au bout d’un moment, il vaut mieux la désactiver car cela incite à tricher et surtout on passe plus de temps à regarder qu’à jouer ! Les amateurs des plaisirs partagés seront peinés d’apprendre que l’on ne peut jouer que sous-marinier, contrairement à Silent hunter II qui pouvait s’utiliser avec Destroyer Command. Peut-être une idée d’extension ?

Laurent Guerder
  |
le 27/11/2008 à 15:19
le 25/11/2008 à 10:03
le 20/11/2008 à 09:11
le 19/11/2008 à 02:46
le 18/11/2008 à 09:55