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ObjectWeb veut mieux s’ouvrir au monde de l’entreprise

A l’occasion de la quatrième conférence qui se déroulera du 17 au 19 janvier prochain à Lyon, ObjectWeb fera le point des différents projets en cours dont certains, comme le serveur d’applications J2EE JOnAS, connaissent un succès grandissant.

Lancé par l’INRIA, France Télécom et Bull sous la forme d’une communauté informelle en 1999, ObjectWeb a été créé sous la forme d’un consortium en février 2002. Il se présente aujourd’hui comme « le premier consortium International dédié au logiciel libre d’infrastructure », c’est-à-dire le middleware, qu’il définit comme la couche logiciele d’un système d’information distribué qui s’insère entre le système d’exploitation et les applications de chaque système. ObjectWeb indique que les sites ObjectWeb et Forge (travail collaboratif des projets) reçoivent respectivement 100 visites par mois et annonce près de 800 000 téléchargements en 2004.

Les principales fonctions du Middleware
- Masquer la distribution dans la mesure où, désormais, les applications regroupent des composants disséminés sur des systèmes distants ;
- Masquer l’hétérogénéité de différents composants matériels, systèmes d’exploitation et protocoles de communications ;
- Fournir des interfaces standards de haut niveau aux développeurs d’applications et aux intégrateurs, afin que les applications puissent être facilement assemblées, réutilisées, portées et puissent interopérer.
- Fournir un ensemble comme de services assurant différentes fonctions, afin de ne pas avoir à dupliquer inutilement des efforts et faciliter la collaboration entre applications.
Source Sacha Krakowiak, membre du collège des architectes d'ObjectWeb et professeur d'informatique à l'uniersité Joseph Fourier à Grenoble



"ObjectWeb dépasse la loi de Moore, explique François Lettelier, membre du consortium exécutif, puisque tous nos indicateurs (visites sites Web, téléchargements…) doublent tous les douze mois". ObjectWeb fait état d'une quarantaine de membres parmi lesquels des éditeurs commerciaux comme Red Hat, SUSe ou Mandrakesoft, des SS2L (sociétés de services en logiciels libres, des groupes comme Thales et des laboratoires de recherche dont le Guangzhou Middleware Research Center basé à Canton. Dans le cadre d’une volonté d’orientation plus forte vers les entreprises utilisatrices, ObjectWeb va accueillir une quinzaine de nouveaux membres. « Cette évolution devrait nous permettre d’établir le canal de dialogue qui nous faisait défaut entre les utilisateurs et les développeurs », poursuit François Letellier. Des laboratoires de recherche publics, le CNRS ou le CEA, pourraient également rejoindre le consortium.

Un des projets phare d’ObjectWeb et qui a bénéficié de la plus grande visibilité concerne le serveur d’applications JOnAS. Celui-ci est notamment intégré à 3 grandes distributions Linux, celles de Red Hat, Novell SuSe et Mandrakesoft et peut-être d’autres. Mais pour l’Open Source, il n’est pas toujours possible de le savoir puisque chacun et n'importe qui peut télécharger le code développé par le consortium.

En 2004, ObjectWeb a engagé la certification de son serveur d’application avec la plate-forme J2EE 1.4. Cette opération lourde qui est effectuée par l'ésuipe informatique interne a commencé en février 2004 et devrait faire l’objet d’une annonce très prochainement. ObjectWeb a bénéficié gratuitement de la mise à disposition d'une batterie comportant plusieurs dizaines de milliers de tests. Pourquoi se charger d'un tel fardeau ? Principalement pour trois raisons : obtenir la garantie de la portabilité, la reconnaissance de qualité et conclure le processus de transfert de technologie.

L’initiative ESB pour faire un pont avec les éditeurs

Parmi les autres réalisations de 2004, le rapprochement avec la fondation Eclipse qui s’est notamment traduit par la reprise du projet Webtools de développement de plugs-ins pour l’infrastructure Eclipse. Il s'agit du projet Lomboz qui connaît un réel intérêt puisqu’il figure en tête des téléchargements actuels.

ObjectWeb en un coup d’œil

Membres

ObjectWeb réunit 35 sociétés membres, sociétés industrielles ou administration, des éditeurs de distribution Linux et 7 laboratoires de R&D

Offre

L’offre d’ObjectWeb est classée en 7 catégories ; plates-formes, persistance et base de données, moteurs de workflow, plugs-ins pour logiciel de développement intégré, ingénierie logiciel, présentation et XML, Benchmarking.
Les développements s’appuient essentiellement sur les standards, parmi lesquels J2EE et XML jouent un rôle important.

Communauté

Objectweb réunit plus de 2000 développeurs dans 65 pays (dont 350 « commiteurs », c’est-à-dire des personnes ayant le droit d’ajouter ou de modifier du code), supervise 88 projets Open Source, dont une soixantaine sont actifs et ont déjà donné lieu à une quarantaine de solutions stables parmi lesquelles : JonAS, Lomboz et Enhydra.



ObjectWeb a également lancé en octobre l’initiative ESM (Entreprise Service Bus) qui se distingue d’un projet dans la mesure où il consiste à favoriser le développement d’infrastructure par les éditeurs commerciaux à partir de composants proposés par ObjectWeb. Deux éditeurs se sont d’abord proposés pour apporter leurs propres codes à ceux du consortium : Emaxx et son moteur BPEL ; Ordeon et son framework XML. Dans ce cadre, ObjectWeb a accueilli l’adhésion du Projet Erlang qui apporte une expertise dans les domaines des clusters et des architectures massivement parallèles. Erlang est un langage conçu par Ericsson pour les traitements parallèles.

Les technologies RFID et de la mobilité en vue

Outre la poursuite de sa croissance, ObjectWeb entend réorganiser son offre et son organisation de manière à mieux répondre aux demandes des membres et à leurs différents profils. Parallèlement au développement d’activités dans les domaines de la qualité, du juridique ou de la traçabilité du code, ObjectWeb va explorer de nouveaux domaines comme la mobilité et les technologies RFID.

« Si l’Open Source est une offre techniquement mature, l’écosystème de compétences a, lui-aussi, bien évolué, estime François Letellier. Quelle que soit sa taille, une entreprise française peut désormais trouver l’expertise dont elle a besoin en matière de service : des experts individuels, des SS2L ou encore les SSII qui ont désormais compris que les grandes entreprises souhaitaient évoluer vers l’Open Source. Quid du transfert de dépendance des éditeurs vers les sociétés de services, souvent présenté comme un des écueils de l’Open Source ? « Les logiciels libres ont tendance à éliminer la menace de situation monopolistique liée à l’activité de l’édition traditionnelle de logiciels. La conformité stricte à des standards ouverts permettant à l’utilisateur de rester maître de ses choix, conclut-il.

Publié le jeudi 13 janvier 2005
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