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La seconde jeunesse des ERP avec le BPM
Par Arnaud Blandin. ![]() ![]() Prenons l’exemple du processus de traitement des appels dans un centre d’appels. Ce processus fait intervenir plusieurs applications externes comme le CRM – Customer Relationship Management - ou un outil interne de définition des problèmes ainsi que plusieurs tâches manuelles effectuées par l’opérateur téléphonique. Le déploiement d’un progiciel pour améliorer ce processus va faire intervenir une intégration des applications existantes, un traitement des tâches manuelles dans un outil de Workflow mais aussi une modification du processus générique du progiciel ; modification qui se fera par du « codage en dur ». Cette approche augmente significativement les coûts liés au déploiement du progiciel mais surtout le processus sera très difficilement adaptable au changement imposé par le métier. La solution à ce problème consiste à définir le processus métier dans l’outil de design de la solution BPM et à le déployer sur le serveur de processus qui se chargera des appels au progiciel ainsi qu’aux autres applications. Dans l’exemple de notre processus de traitement des appels, une approche BPM va permettre aux équipes métier de modéliser le processus dans un outil et aux équipes techniques d’utiliser le même outil pour connecter les tâches métier aux applications du système d’information. Ce travail se fait aussi de manière graphique en effectuant un mapping de données entre les données métier défini par les analystes (nom du client, indice de satisfaction, etc…) et les données techniques (SR_CLIENT_NAME, ER_SatRate2). Le progiciel intervenant maintenant comme un simple acteur du processus et non plus comme le pilote de ce processus. Enfin on peut remarquer que l’approche centralisée sur les processus permet à une entreprise de tester rapidement des processus à mettre en place. En effet la grande souplesse de certaines solutions de BPM permet un déploiement rapide de solutions permettant ainsi de diriger l’implémentation du processus global centré autour d’un nouveau module du progiciel. Cas n°2 : Retrouver de la visibilité sur les processus Beaucoup d’entreprises ont été obligées par le passé de personnaliser leur progiciel et de développer des applications en interne afin de répondre à leurs besoins. C’était la seule solution possible pour les entreprises qui se retrouvaient à déployer un progiciel qui n’apportait pas une couverture totale des besoins métier ; elles se trouvaient confrontées au cas n°1 évoqué précédemment. Beaucoup de SSIIs proposant leur expertise en personnalisation de ces progiciels ont émergés pendant cette période. Des développeurs ABAP – langage natif de SAP – se sont retrouvés à développer des fonctionnalités dans le progiciel, voire des applications propriétaires pour essayer d’apporter une solution ponctuelle aux équipes métier sans prendre en compte la globalité du processus et surtout la pérennité de la solution. Maintenant que le besoin évolue, il est devenu impossible de faire évoluer ce spaghetti d’applications : c’est très cher et la connaissance n’existe plus, elle est partagée par les différents acteurs ayant participé aux premiers développements. ![]() ![]() La visibilité retrouvé grâce a l'approche BPM Prenons l’exemple du traitement de bons de commandes. Ce processus est aujourd’hui informatisé dans la plupart des entreprises, mais cette informatisation s’est effectuée au travers de l’achat de plusieurs applications répondant chacune à une étape précise du processus et à une intégration approximative de ces diverses applications. Chaque acteur humain intervenant dans le processus est amené à utiliser son application favorite : le commercial va utiliser l’application de CRM pour enregistrer toute interaction avec le client, le client va utiliser son client mail pour envoyer la commande par email et le responsable logistique vérifiera la disponibilité du stock grâce au progiciel, mais personne n’aura une visibilité complète sur le processus. Il sera impossible de déterminer à quelle étape précise on se trouve dans le processus ce qui bien évidemment empêche toute optimisation mais surtout pénalise fortement la gestion des exceptions. Une solution BPM permet ici de retrouver une visibilité progressive sur les processus métier. En se concentrant sur un besoin métier spécifique, on peut modéliser le processus sous-jacent, mettre en lumière les interactions nécessaires avec les applications du système d’information et petit à petit recréer le processus dans sa globalité. Une telle solution est particulièrement adapter dans le cas d’une mise à jour d’un progiciel. Une entreprise peut décider de migrer progressivement son environnement vers une nouvelle version du progiciel en passant par une phase de design de processus dans le BPM pour n’utiliser que les fonctionnalités nécessaires du progiciel. Cas n°3 : Le processus métier doit absolument changer Les nouvelles réglementations de type Basel II ou Sarbanes-Oxley forcent aujourd’hui les entreprises à changer la manière dont elles fonctionnent. Elles doivent redéfinir leurs processus métier tout en évitant de retomber dans les travers menant au surcoût de développement et de maintenance. De plus certains poids lourds de l’industrie pour des raisons de réduction de coûts changent de plus en plus fréquemment leur façon de travailler avec leurs partenaires. Cette démarche oblige ces partenaires à rapidement adapter leur processus métier et donc leur système d’information pour ne pas perdre un client. Une illustration de ce problème est le cas de Wal-Mart. Wal-Mart est un mastodonte de l’économie mondiale : c’est la plus importante entreprise de grande distribution du monde. Cette entreprise a réalisé en 2004 plus de 286 milliards de dollars de chiffre d’affaires et emploie plus de 1,2 million de personnes réparties dans ses 5000 supermarchés ou hypermarchés. On peut imaginer la pression que Wal-Mart impose à ces fournisseurs. Récemment Wal-Mart a décidé de modifier son processus d’approvisionnement en imposant notamment à ces fournisseurs d’intégrer la technologie RFID sous peine de rupture de contrat. Les fournisseurs de Wal-Mart se voient donc obligés de rapidement adapter leurs processus métier pour rester en vie. Une solution BPM s’impose tout naturellement car elle permet de répondre rapidement au changement. En effet une fois le processus modélisé, le moindre changement se fait de manière graphique et ne nécessite plus la mise en place d’importante structure informatique. Notons que l’intérêt de la solution BPM réside dans le fait que les équipes métier et informatiques travaillent ensemble à la définition et à l’implémentation du processus métier en utilisant un même outil. Une fois l’implémentation réalisée graphiquement, un serveur de gestion de processus se charge de son exécution. Conclusion Le progiciel reste aujourd’hui au cœur du système d’information mais n’est pas assez souple pour répondre aux besoins en constante évolution des équipes métier. Les éditeurs ont bien compris ce message et mettent en œuvre des projets pour répondre à ces besoins en essayant d’ouvrir leur architecture pour proposer des applications en adéquation avec les besoins métier. Néanmoins ces solutions sont loin d’être prêtes et la seule solution qui s’offre aujourd’hui aux entreprises est de passer par le BPM qui répond dès maintenant à leurs attentes. Nous avons étudié dans cet article 3 cas concrets illustrant les avantages d’une telle approche BPM. La difficulté pour les entreprises réside aujourd’hui dans le choix d’une solution BPM adaptée. Une telle solution doit garantir l’intégration de toutes les applications – récentes ou anciennes - du système d’information tel qu’il existe aujourd’hui, de permettre une collaboration forte entre les équipes métier et techniques, d’implémenter de manière graphique les processus transversaux et surtout de réutiliser que ce soit au niveau métier (modèles de processus, etc…) ou au niveau technique (applications propriétaires développées, web-services, etc…) ; le travail déjà effectué. _____________________________ Arnaud Blandin est consultant Senior pour Intalio. Ingénieur de l'ENSEEIHT, il a participé à l'élaboration du premier moteur de processus métiers Intalio n|3 et a supervisé plusieurs implémentations de solutions BPM basées sur ce moteur. Pour le contacter : blandin@intalio.com Intalio fournit la plateforme de Business Process Management Intalio APEX. Elle permet en un seul outil de définir, d'exécuter et de contrôler les processus métiers transversaux de l'entreprise qui reposent à la fois sur SAP ainsi que sur d'autres applications. Intalio est le co-fondateur du BPMI.org - Business Process Management Initiative - à l'initiative des standards BPMN et BPML. Source: ITRgames.com
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Publié le 07 juin 2005
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