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Act of War : Direct Action, le retour de la French touch !

Avec Act of War, Atari et le studio français Eugen Systems montrent avec brio qu’il est toujours possible d’innover dans un genre ou tout semble déjà avoir été fait. Ce jeu de stratégie temps réel à la croisée des chemins d’un Command & Conquer Generals, d’un Conflict Zone et d’un roman de Tom Clancy est tout simplement génial. Doté d’une mise en scène particulièrement originale qui s’appuie sur de nombreuses vidéos «à l’ancienne» avec de vrais acteurs (ça va faire plaisir aux nostalgiques des premiers C&C…), Act of War offre en solo une campagne proche d’un véritable film interactif, sans pour autant négliger les aspects skirmish et multijoueur. C’est à coup sûr l’un des meilleurs RTS de l’année !

Editeur : Atari
Plate-forme : PC DVD-ROM
Nombre de joueurs : 1 à 8
9/10

Un véritable techno-thriller interactif !



On vous l’avait dit il y a quelques semaines à l’occasion d’une preview, Act of War était un titre à surveiller de très près… et bien le voici sorti dans les bacs et les premières impressions se confirment largement : ce nouveau RTS édité par Atari et développé par les frenchies d’Eugen System est une vraie bombe ! Prenez une bonne dose de Command & Conquer Generals, quelques éléments innovants de Conflict Zone, rajouter à cela un bon scénario de techno-thriller, une mise en scène excellente et un moteur graphique 3D superbe et vous obtiendrez ce qui est certainement le meilleur RTS depuis Warhammer 40,000 : Dawn of War. Cette réussite n’est cependant pas due au hasard. Les développeurs d’Eugen Systems signent ici leur troisième titre. Après des débuts calamiteux pour Microïds en 2000 (Times of Conflict), cette équipe française a signé en 2002 The Gladiators chez Arxel Tribe, un jeu très remarqué à sa sortie. Les voici donc de retour trois ans plus tard avec Act of War, un véritable petit bijou ! Difficile de ne pas se laisser prendre en solo dans le scénario haletant co-écrit avec l’écrivain américain Dale Brown. Cet ancien pilote militaire américain de Stratofortress (B-52G) a signé plusieurs techno-thrillers à succès (Feu à Volonté est le seul à être traduit en français, mais pour les anglophones, il a déjà publié une bonne douzaine de romans outre-Atlantique) dans la lignée d’un Tom Clancy ou d’un Clive Cussler. Act of War se situe véritablement à la frontière du jeu vidéo, du cinéma et du roman…



Silence on tourne !

Act of War est sur le papier un RTS plutôt classique, avec au menu construction de bâtiments, création d’unités et gestion de ressources. Cependant, le titre propose un gameplay radicalement différent selon que le joueur choisisse de s’attaquer à une campagne en solitaire, d’opter pour des parties en mode skirmish qui regroupent jusqu’à sept adversaires virtuels ou de s’attaquer à du multijoueur. Ces deux derniers modes se révélant globalement plus classiques (ce qui ne veut pas dire moins intéressants). La campagne solo propose de diriger une unité spéciale d’intervention rapide : la Task Force Talon pour endiguer un complot qui vise à faire basculer le monde dans le chaos… L’action se passe dans futur très proche sur fond de crise mondiale des ressources énergétiques. Le prix du pétrole flambe littéralement alors que la production baisse de plus en plus et que des attaques terroristes visent partout les installations des compagnies qui produisent de l’énergie. La toile de fond est fixée dès l’installation du jeu, puisque pendant que les fichiers se copient, une vidéo retransmet un débat télévisé houleux sur le thème de la crise énergétique animé par une journaliste au look CNN plus vrai que nature. C’est assez bluffant, et cela constitue l’un des points clés du jeu en solo.

En effet, les développeurs ont fait le choix de ponctuer chaque mission de vidéos, parfois longues de plusieurs minutes, qui mettent en scène de vrais acteurs et des décors plutôt convaincants afin d’illustrer le scénario plutôt fouillé de la campagne. D’autres documents apparaissent régulièrement en mode fenêtre en cours de partie chaque fois que l’action rebondit et donnent une dimension toute particulière à Act of War. Les vieux joueurs de Command & Conquer apprécieront particulièrement ce retour à de la full motion vidéo. Quoiqu’il en soit on est littéralement plongé au cœur de l’action ! Les événements s’enchaînent à un rythme effréné et l’on est littéralement pris dans le scénario. Les premières missions ne permettent de diriger que quelques fantassins des forces spéciales, puis une poignée de véhicules dans la ville de Londres afin de protéger les participants à un sommet sur la production d’énergie contre des attaques terroristes. Au programme il faudra combattre des groupes armés au milieu de manifestants pacifistes, puis retrouver un VIP enlevé par des inconnus. Il faudra progresser rue par rue… le résultat est assez bluffant et permet de s’habituer aux commandes de base du jeu.



L’infanterie à l’honneur…

Act of War permet au joueur d’acquérir progressivement, au gré des missions, les différentes unités et structures de la Task Force Talon. Même si certains éléments du jeu (notamment quelques unités) relèvent plus de la science fiction que de la réalité, le résultat offre un réalisme qui vous laissera parfois les mains moites. Les scénarios en milieu urbain font la part belle aux combats de rue et mettent l’infanterie à l’honneur. Il faudra donc parfois se battre maison par maison pour progresser. Les missions sont d’ailleurs parfaitement équilibrées et assez longues. Surtout, elles offrent une variété de gameplay assez vaste. Ainsi, le joueur peut par exemple commencer par sécuriser un secteur uniquement avec ses fantassins avant de pouvoir déployer une base avancée et produire quelques véhicules. Ces derniers serviront à faire sauter des barrages routiers défendus par des blindés, afin de permettre à l’infanterie de traiter des sites antiaériens, pour in fine, bénéficier d’un soutien aérien. Le tout avec bien sûr de nombreux rebondissements. En fait chaque unité compte, et les soldats (fantassins, snipers ou antichar) jouent un rôle clé dans ce dispositif où la reconnaissance du champ de bataille est capitale.

Ainsi certains hommes de la Task Force Talon peuvent déployer des drones espions qui permettent d’observer le terrain à distance avant de pénétrer dans une zone ou de s’aventurer à un carrefour. C’est globalement assez fidèle à la réalité, même si Act of War demeure avant tout un jeu (ndlr : bonne nouvelle !). Les fantassins jouent également un rôle clé dans la collecte de ressources. Bien que le jeu d’Eugen Systems soit nettement plus orienté sur l’aspect tactique que sur la gestion de ressources, il faut des dollars pour construire des bâtiments, recruter des troupes et acheter des améliorations. En plus d’un budget initial alloué à chaque protagoniste, ces espèces sonnantes et trébuchantes proviennent de plusieurs sources. A l’issue d’un combat il est souvent possible de faire prisonniers les adversaires survivants. Cela rapporte de l’argent, tout comme l’occupation des banques, l’exploitation des champs de pétrole ou la libération et la mise à l’abri d’otages. Bien sûr, si la plupart de ces options sont disponibles lors des parties multijoueur, ce n’est pas toujours le cas pendant la campagne solo où il faudra parfois gérer ses économies au plus juste…

Objectif : acquérir la supériorité aérienne !

Act of War propose trois forces armées différentes. La Task Force Talon est souvent épaulée par l’US Army, alors que les méchants sont représentés par les troupes du Consortium. Chacune de ces armées possède ses propres unités. Globalement, on peut comparer la Task Force aux US Marines. Elle est dotée d’un matériel high-tech, polyvalent et projetable. L’Army est équipée de matériels plus lourds et plus standards (avec notamment des chars de bataille ou de l’artillerie). Ces deux protagonistes ont besoin de construire des groupes électrogènes afin de faire fonctionner leurs équipements et leurs unités sont chères à produire. Face à eux le Consortium est plutôt une sorte de guérilla équipée à la soviétique, privilégiant les troupes légères, rapides et peu onéreuses ainsi que les actions coup de poing à une tactique plus traditionnelle. Le Consortium est moins tributaire que ses adversaires en matière d’électricité, mais doit par contre capturer de nombreux prisonniers pour financer ses opérations. Notez par ailleurs que l’on retrouve ici pas mal de bonnes idées glanées notamment dans Command & Conquer Generals, avec par exemple la possibilité d’utiliser des armes bactériologiques, des unités suicides ou encore des «Cellules Dormantes», des sortes de tunnels permettant de transférer immédiatement des unités d’un bout à l’autre de la carte.



Les forces aériennes constituent par ailleurs un des aspects très importants du jeu. Chaque camp possède là encore ses propres forces combattantes ou non. Hélicoptère sanitaire, de transport, de réparation et unités de combat (drones, chasseurs, bombardiers, etc.) se disputent un espace aérien vraiment stratégique. Comme dans la réalité la maîtrise du ciel est une des clés de la victoire, à condition toutefois d’éviter ou de neutraliser les armes antiaériennes de l’adverse qui ici encore ont une efficacité très réaliste. Pour cela, les troupes au sol demeurent la meilleure solution… il faut donc mettre sur pieds des forces combinées pour accéder à la victoire. Bien évidemment le jeu en mode skirmish ou multijoueur laisse plus de liberté à ce niveau que la campagne solo. Un autre point important d’Act of War réside dans les améliorations que le joueur apporte à ses unités. Certains véhiculent peuvent ainsi recevoir différents types d’armement et se transformer en engin de lutte antiaérienne ou en chasseur de char, d’autres peuvent être équipés de missiles ou encore déployer des drones. Il en va de même pour les fantassins qui peuvent acquérir certaines capacités : lance-grenade, armes bactériologique, etc. Au total, la grosse cinquantaine d’unités présentes à la base dans le jeu autorise de nombreuses variantes.

Plein les yeux et les oreilles !



Les parties en solo comme en multijoueur peuvent rapidement devenir stressante. Lors des combats l’action est rapide et assez réaliste. La puissance des armes modernes, mêmes portées par un fantassin est plutôt bien rendue. Résultat, une attaque un peu hasardeuse peut basculer en véritable fiasco en quelques secondes et un raid aérien bien placé faire basculer l’équilibre d’une partie… d’autant qu’ici il n’est pas question de mettre le jeu en pause pour donner ses ordres. Le mode multi d’Act of War permet par ailleurs de se mesurer à sept autres joueurs en réseau local ou via Internet et peut se pratiquer par équipe. L’action est ici particulièrement rapide et les possibilités plus ouvertes que dans la campagne solo qui privilégie l’aspect scénario au dépend d’un développement libre de ses forces. Par ailleurs il est possible d’assister en tant que spectateur aux parties qui se disputent en ligne. Bref, si certains trouveront la campagne solo un peu courte, Act of War offre d’autres modes de jeu complémentaires qui accroissent nettement la durée de vie du titre.



Le moteur graphique 3D d’Act of War est vraiment superbe, mais surtout parfaitement efficace pour restituer un environnement réaliste dans lequel les reliefs jouent un rôle clé, où l’on peut poster des troupes dans les bâtiments et les détruire intégralement à coup de moult effets et d’explosions impressionnantes. Cela apporte bien évidemment une dimension toute particulière au jeu qui propose une majorité de mission en milieu urbain. Rien à dire non plus sur la bande son qui soutien parfaitement l’action. La réalisation est pratiquement parfaite. Il y a cependant un prix à payer pour cela : il faut une machine puissante, beaucoup de RAM et surtout une grosse carte graphique. Autrement, il faudra se contenter d’une basse résolution plutôt frustrante. En effet, les décors grouillent littéralement de détails qui disparaissent lorsque la résolution baisse… Il faut par contre souligner un petit défaut récurent dans ce type de jeu : l’affichage n’offre pas assez de recul et si l’on peut choisir de zoomer ou d’effectuer des rotations de caméra, les angles de vue ne sont pas très pratiques à la longue.



Le meilleur RTS depuis des mois !

Très simple à prendre en main et très progressif, Act of War se base sur des recettes plutôt classiques en y ajoutant une petite touche de réalisme et un scénario qui apportent un gameplay vraiment excellent. Les différents protagonistes alignent des forces plutôt équilibrés, et la campagne solo terminée on a hâte de se lancer dans des parties en skirmish pour diriger les troupes du Consortium. L’intelligence artificielle du jeu est également assez performante et se révèle un adversaire plus que correct en mode facile, voire normal. Par contre c’est un ennemi redoutable au niveau difficile. Act of War est au final un excellent RTS, probablement l’un des meilleurs de l’année. C’est une véritable horlogerie suisse où rien n’est à 100% nouveau, mais où tout est parfaitement réalisé. Cela permet à tous ceux qui ont déjà eu un RTS entre les mains d’entrer directement dans le feu de l’action. Act of War bénéficie en prime de ce petit plus décalé qui manquait à un Command & Conquer Generals un peut trop premier degré…



Jérôme Bohbot

Publié le 01 avril 2005
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