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Immortal Cities : Les enfants du Nil
Les créateurs de Pharaon reviennent à l’Égypte antique, avec succès. Ce jeu de gestion mêle habilement développement économique, militaire et religieux au service de la population égyptienne. Grâce à une utilisation habile de la 3D et des situations cocasses, son gameplay original parvient à faire oublier ses quelques défauts graphiques.
Editeur Sega
Plateforme PC
Nombre de joueurs 1
7/10
Retour en Égypte
Le lancement tapageur de World of Warcraft en ferait presque oublier que le blockbuster de Blizzard n’est pas le seul jeu vidéo sorti sur PC en ce mois de février. Et pourtant… Au détour d’une promenade dans mon magasin culturel préféré, l’un d’entre eux a attiré mon regard… ou plus exactement le Sphinx sur fond de coucher de soleil imprimé sur la couverture. A y regarder de plus près, il ne s’agissait pas d’un guide interactif édité par l’Office du Tourisme égyptien, mais un énième jeu de gestion à l’échelle d’une civilisation intitulé Immortal Cities - Les enfants du Nil. Les succès d’Ages of empire et de Civilization ont depuis longtemps prouvé que ce genre se mariait bien à l’Antiquité, à condition toutefois de savoir se renouveler au risque de lasser rapidement le joueur. De ce point de vue, Immortal Cities a choisi une voie originale : mettre l’accent sur le bien-être des citoyens au détriment de la stratégie militaire ou du développement économique pur ! Égypte antique ? Jeu de gestion ? Bien-être des habitants ? À ce stade, je vois déjà les plus anciens d’entre vous hausser les sourcils devant leur écran : « elle se fiche de nous. Il n’a rien d’original son jeu, c’est un remake de Pharaon…». Effectivement, les deux jeux se ressemblent fort. Mais plus qu’une nouvelle version, Immortal Cities s’apparente surtout à une suite non officielle du jeu lancé en 1999 (déjà !) par Sierra et Impression Games. Rien de plus logique d’ailleurs, le studio TiltedMill est constitué de transfuges de chez Impression Games. Se sont-ils contentés de mettre Pharaon en 3D ? Découvrons-le tout de suite.
Un peuple à gérer en 3D…
A priori, l’objectif à atteindre avec Immortal Cities : Les enfants du Nil est simple. Comme dans tout bon jeu de gestion, vous devez accroître le rayonnement de votre ville tout en vous assurant que les coffres municipaux (ou plutôt ici les greniers) sont bien garnis. Pour cela, vous devrez classiquement développer l’agriculture et l’artisanat, ouvrir de nouvelles routes commerciales (par la négociation ou par la force) et protéger votre cité des pillards. Mais vous devrez aussi contribuer au bien-être physique et spirituel de ses habitants. S’ils sont mal soignés, s’ils ne peuvent honorer les dieux de leur choix ou tout simplement si aucune morgue n’est à leur disposition pour les préparer à l’après-vie, ils claqueront la porte de chez eux ou se mettront en grève, bloquant ainsi toutes vos possibilités d’évolution. Et ce, d’autant plus facilement que votre prestige en tant que pharaon sera bas. Pour le rehausser, plusieurs armes sont à votre disposition : utiliser la propagande en érigeant des stèles à votre gloire aux quatre coins de la cité, nouer des relations avec des villes étrangères, améliorer votre palais et surtout bâtir votre pyramide. Pour vérifier votre situation, vous pouvez utiliser les barres d’état classiques : population, poste de dépenses, situation financière mais aussi cliquer directement sur un personnage ou une famille pour connaître son opinion et ses besoins immédiats.
Au début du jeu ou lorsque tout va bien, n’hésitez pas à zoomer sur l’un de vos personnages et à vous promener avec lui dans les rues de votre ville. À la différence de Sim city ou de Civilization, ici aucun conseiller ne viendra vous indiquer qu’un problème vient de faire son apparition. Et lorsqu’un élément des barres d’état passe à l’orange, il est souvent trop tard pour remédier à la situation. Garder une oreille sur les conversations de la rue reste la meilleure méthode pour connaître à temps les besoins de vos protégés. De toute façon, il suffira d’un petit tour sur la molette de votre souris pour vous ramener à un point de vue divin, idéal pour installer une fabrique près d’un champ de papyrus ou poster les points de débarquement des cargaisons à proximité des échoppes en ayant le plus besoin. En dehors de cette application originale, n’attendez pas de véritables miracles graphiques. Le moteur du jeu est un peu vieillot, ce qui se traduit à l’écran par une imprécision dans les textures ou dans la forme des objets lorsque le zoom est à son maximum.
Des scénarios, des campagnes, mais pas de partie libre ?
Si l’absence de guide au quotidien peut s’avérer gênante pour les novices, les vétérans des jeux de gestion vont adorer. Toutefois, même eux n’échapperont pas au passage obligé du didacticiel. Divisé en trois parties, il souffre de quelques longueurs au début, le temps que le logiciel se rende compte que les six fermes demandées sont construites… Une fois celui-ci maîtrisé, vous pourrez vous lancer sans crainte dans l’un des 20 scénarios ou la campagne proposée. Ne vous inquiétez pas, même en n’utilisant que le niveau de difficulté le plus simple, relever tous ces défis a de quoi vous occuper de nombreuses semaines. Malgré tout, personnellement j’ai regretté l’absence de partie libre. C’est à dire d’endroits où à partir d’un village et d’un palais royal, j’aurai pu bâtir ma civilisation dans mon coin sans devoir atteindre tel objectif militaire, diplomatique ou commercial. Le seul moyen d’obtenir quelque chose d’approchant est de passer par l’éditeur et de réaliser ses propres scénarios. L’ensemble est si complet que l’on se retrouve presque dans la peau d’un des développeurs du jeu. Et que du coup, épouvantée devant tant d’effort, je me suis empressée de le refermer pour retourner aux scénarios pré-établis. Peut-être y reviendrais-je une fois que je me serai lassée du reste du jeu…
Malgré l’absence de partie libre et un graphisme un peu désuet, ce jeu est une excellente surprise dans un genre qui, avouons-le, se renouvelle difficilement. Entre la nécessité de veiller au bien-être du moindre de vos villageois et celle d’entretenir votre image de marque chez vous comme à l’étranger, Immortal Cities : Les enfants du Nil ne manque pas de surprises. Et l’humour instillé par les personnages (en grève, menaçant leurs parents d’une thérapie, ou se félicitant de détourner des briques au fisc) apporte juste le piment nécessaire pour rehausser l’attrait de ce jeu.
Stéphanie Chaptal
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le 15/03/2010 à 10:43
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